Expérimental : atelier construit en local, antenne pas encore ouverte.
Tisser — l'antenne coopérative
Une chaîne sans directeur d'antenne : chacun peut réserver un créneau, préparer une émission avec d'autres et tisser en direct autour de ce qui est diffusé.
01L'idée
Une grille de programmes, comme celle d'une chaîne de télévision, mais ouverte. Un créneau libre se réserve sans compte, avec une clé anonyme créée dans le navigateur. Chaque créneau a sa petite rédaction, ouverte à qui partage le centre d'intérêt annoncé : on y prépare les sujets, les documents et le déroulé.
À l'antenne, le public ne se contente pas de commenter : il tisse. Chaque réaction s'accroche à un instant ou à un passage du contenu et peut se relier à d'autres. L'équipe peut reprendre ces réactions en direct.
02Ce qui se passe en direct
Ce qui est en direct, ce sont les liens tissés, pas les médias. Une vidéo ou un son ne passe jamais à l'antenne sans délai ; ce qui se fait en direct, ce sont les réactions, les liens entre les passages et les votes.
- Programmé
- Un scénario est proposé dans la grille de diffusion, retenu par un vote du cercle, puis diffusé à l'heure prévue.
- Différé de quelques minutes
- La vidéo ou le son est d'abord mis en graine, puis placé sur un brin partagé, et diffusé depuis ce brin. Ce court délai laisse le temps d'arrêter un moment pénible avant qu'il soit diffusé.
Il n'y a pas de directeur d'antenne. Le cercle peut ouvrir un vote entre plusieurs propositions : un moment de musique, une émission de radio, une discussion, une performance ou un documentaire. Une équipe relie ensuite les scénarios et les créneaux entre eux.
03Les formats
- Journal
- Plusieurs sujets courts, chacun porté par une personne de la rédaction. Des faits sourcés, corrigeables par version ; pas de commentaire à chaud.
- Documentaire et fil
- Un film diffusé et commenté ; les réactions s'ancrent sur ses instants.
- Débat
- Au moins deux voix. On reformule l'autre avant de lui répondre.
- Tissage coopératif
- Une question ouverte ; le public construit la réponse en direct, en tissant.
- Musique, radio, performance
- Des moments choisis par un vote, diffusés à l'heure prévue ou en différé.
04Les règles
- Aucun compteur : ni vues, ni « j'aime », ni abonnés.
- Aucune vidéo ni aucun son n'est archivé sans l'accord de chaque personne qui y apparaît.
- Si une diffusion devient pénible pour quelqu'un, participants et spectateurs peuvent voter son arrêt.
- Pendant la diffusion, l'hôte peut masquer une réaction dans sa propre vue ; les signalements suivent ensuite leur circuit habituel.
- Jamais de suppression automatique, jamais de verdict rendu par une IA.
- Un créneau à venir par personne, confirmé la veille, sinon il est libéré.
05Après l'antenne
L'émission devient un brin versionné : une correction donne une nouvelle version, une reprise donne une dérivation. Rien n'est écrasé en silence, et son auteur peut la retirer.
06Où en est-on
Construit et essayé en local : l'atelier de tissage (liens à verbes libres, brins signés, cercles), les vidéos découpées en fragments versionnés, le fil et la carte des réactions, la messagerie chiffrée, le signalement et le vote.
Pour commencer, pas de direct : des vidéos qui existent déjà, comme « Harmonie des utopies » ou celles de la chaîne de la fondation. Chacun garde ses brins sur son propre appareil et fait les liens qu'il veut ; ce qui n'est pas partagé reste éphémère, et chacun peut retirer la diffusion d'un scénario qui lui appartient.
Il manque l'infrastructure en ligne : le registre qui tiendra la grille et les réservations, le relais qui fait circuler en direct les liens tissés, la mise en graine rapide des médias et leur transport entre les participants. Tant qu'elle n'existe pas, l'antenne n'est pas ouverte.